|
EDITORIAL DU 9 FEVRIER
2003 : UNE CRISE DE COMMUNICATION
? |
|
Les premiers responsables de la crise actuelle ne
seraient-ils pas les archéologues eux-mêmes, coupables d'avoir depuis 25 ans
négligé d'ouvrir leurs travaux au grand public ? Faute d'avoir su et voulu communiquer le sens de
leur démarche, ils ont failli à la plus vitale de leur mission : sensibiliser
aux enjeux de la sauvegarde du patrimoine et inculquer le respect de ce
patrimoine aux générations présentes et futures. Chacun a conscience aujourd'hui de la nécessité de
préserver notre environnement naturel, élément fondamental de
l'épanouissement de la société. Mais qu'en est-il de notre cadre de vie
culturel, dont la mémoire du passé est l'un des piliers ? Les archéologues se
plaignent depuis longtemps de l'image caricaturale de leur profession, bien
aimée mais réduite à un passe-temps passionnant et spectaculaire sans grands
enjeux. Mais qu'ont-ils mis en œuvre pour casser cette image d'Epinal ? |
|
L'AFAN n'a, de son temps, jamais eu vocation ni
volonté de mise en œuvre d'une véritable politique de communication grand
public, malgré quelques initiatives locales intéressantes mais peu - ou pas -
soutenues (cellule d'action en milieu scolaire à Lyon, par exemple). On aurait pu espérer que l'INRAP, au vu des déclarations d'intention exposées dans ses textes fondateurs, pallierait cette dramatique lacune. Dans les faits, il n'en est rien, n'en déplaise à M. le Président Demoule. L'efficacité toute symbolique de l'embryon de service de communication mis en place au siège parisien ne saurait faire illusion. Pour être efficient, l'effort à consentir doit impliquer le dispositif à sa base, c'est à dire sur les chantiers, et au sein des directions inter-régionales. Il passe également par le renforcement des liens avec des organismes éprouvés dans cette mission particulière : musées, services de collectivités, SRA… Le contexte actuel de disette budgétaire ne laisse
malheureusement que peu d'espoir au développement d'un tel dispositif... |